Déchirure perverse d'une âme solitaire

Publié le par Nadir KATEB Auteur

 

Vous avez eu la visite de cette angoisse qui déchire vos entrailles du plus profond de vous et qui vous livre au désespoir absolu et irrémédiable en vous laissant sur votre faim.

 

Avancer à l'aveuglette


Une peur bleue de cette chose qui vous habite et que vous ne pouvez
pas déserter, impossible de vous en détacher, la seule chose qui vous contrôle et 
sur laquelle vous n'avez aucune force, aucune autorité. Le déchirement continu à ranger votre âme jusqu’a la consommer entièrement comme 

un feu ravageur et cette peur devient une habitude qu'avec le temps 

vous prendrez sous votre aile et vivrez avec comme votre amie la plus fidèle.

Cette chose qui vous fait tant souffrir et que les linguistes ont
décidé d’appeler solitude! “
Sol-itu-de” parce qu’elle jette votre âme
par terre et la piétine de toutes ses forces qu’elle ne soit plus
capable de se relever à nouveau. Elle vous colle parce que vous lui avez
ouvert les portes une fois, oui il suffit d'une seule et unique fois
pour que cette chose s'installe en vous sans jamais vous quitter. Vous
aurez beau faire semblant d'aimer, vous aurez beau fait des amis, qui
servent de décor extérieur de cette vie foutrement misérable et
incohérente, vous aurez beau épouser des femmes et pris des maîtresses
à l’occasion, vous aurez beau essayer, vous avez tout le mérite mais
vous n’y arriverez jamais à vous en débarrasser, vous êtes seul et
vous le restez toujours. Essayez plutôt de vous habituez a cette pièce

de théâtre improvisée par vos soins pour vivre en ce qui ressemble à

la paix et surtout pour mener ses derniers jours moins douloureusement

que les précédents.

Avec un peu de chance, vous rencontrez cet amour que peu de gens ont
eu la fortune d’expérimenter ou de croiser, vous vivrez quelques mois
ou quelques années de pur bonheur mais les vraies histoires d’amour
finissent toujours tragiquement, sauf celles où on triche, celles où
rien n’est vrai, il n y a pas
d’histoire d’amour avec une fin heureuse
et ceux qui osent dire le contraire sont des gens qui n’ont jamais
aimé, ou qui ont juste l’impression de l’être, ces gens il faut les
réveiller.

La résignation est l’étape finale de la lutte, lorsque votre cœur et
votre esprit sont fatigués de tant de batailles perdues, de morts dans
les combats, de cœurs brisés, des gens que vous aurez blessé sans le
vouloir ni même le penser.


Le moment où vous vous dites que la solitude n’est pas si mal que ça,
car quand tout vous quitte, quand tout vous laisse, la solitude, elle,
est là, elle ne remplacera jamais un corps chaud durant les longues
nuits d’hiver, mais elle vous servira de guide et de maître, enfin si vous
accepte
z de vous soumettre, enfin, vous soumettre, vous, la moitié de

vous-même, l'ombre d'une personne qui a voulu vivre, et qui ne pourra pas,

pas entièrement, être soumi à sa solitude, en dépendre d'elle, enfin, 

pourquoi pas? Puisque tout n'est que poussière dans ce monde de tout

sauf de Vérité.

 

Johann Heinrich Füssli - La solitude, à l'aube

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