De mémoire et de cendres

Publié le par Nadir KATEB Auteur

Dans le pays des cigognes, il ne fait jamais noir. C’est sans doute dans ce pays-là que j’écris. Ma plume arc-en-ciel c’est de ce monde qu’elle a puisé sa force écrivant non pour lui mais pour un pseudo-monde qu’on n’aurait jamais choisi mais qui nous habite et nous effraye coûte que coûte et sans ménagement. Mes idées bleues, mon âme grise, mon amour couleur terre, mes doigts verts et mes tendres oublis à la couleur douteuse mais surtout pas noire en tout cas.

Toutes ces fresques s’unissent pour écrire, accordant au genre une histoire dont la fin est toujours la même et synchronisant les conflits, les mensonges, les douleurs, les amours, les gestes mesquins et avares, les déluges de caresses, et les tempêtes de solitudes, on ne peut humer une fleur qui ne fait que semblant de pousser dans notre jardin, il viendra le jour où on se lasse d’attendre, de comprendre son jeu, de l’accepter, de se résigner à vivre avec.

 

Quand tout vous trahi même vos souvenirs, et parfois les mains qui portent votre bouclier et vos jambes, ces deux guerriers de la liberté qui vous ont porté de terre droite a terre gauche, de bled bénit au bled maudit, de là où ça vient vers là où on revient jamais…A qui se remettre ? Puisque tout n’est qu’un jeu, puisque tout a une fin sauf la solitude, qui elle, grandit prenant des mesures gigantesques et des formes absurdes dans les âmes et les esprits, puisque le temps est complice aussi, il n’arrange jamais rien, comme l’espace d’ailleurs, qui ne fait que rétrécir, et mourir de plus en plus.

 

Quand on est vendu par notre propre cœur, pour un amour qui ne dure jamais, les couleurs n’auront aucun sens, puisque les mots n’existeront plus, écrivons en noir pour des pays noirs, des idées noires, des trous de mémoire, choir, choir encore, encore choir et pour changer le rythme de cette noirceur équilibrée, se laisser, de temps à autre, déchoir.

 

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Publié dans Les mots qui soignent

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