Le théâtre en Algérie: la voix cassée !

Publié le par nadir-kateb.over-blog.com

Il est évident que l’œuvre théâtrale est une production qui prête à confusion si nous essayons de comprendre plus qu’il en faut ses étapes et ses voies infinies, le texte et la mise en scène sont totalement différents l’un de l’autre, pourtant nous devons réussir à tisser un lien entre les deux techniques pour créer un monde, une vision, un univers vraisemblable qui défi la réalité humaine.theatre

                           Les rapports du texte scénique avec sa réalisation dramatique est un voyage prémuni entre les règnes et les ères qui passèrent et circulèrent de civilisation en civilisation depuis la nuit des temps. En Algérie il-y-a du théâtre et il-y-a de la création théâtrale mais est-ce que cela est suffisant pour que la scène connait le triomphe qu’a connu d’autres continents a travers leurs productions humbles et convenablement subventionnés ?  

 

La réponse est oui.


La scène algérienne ne manque pas de comédiens, ni de metteurs en scène ni de dramaturges, et il-y-a, dans des cartiers rayés de la carte, dans des cafés insignifiants, des tas de Genet, d’Ionesco, de Sartre et de Kateb, qui créent et pensent sans être vraiment écoutés où prisent au sérieux, et qui, en silence toujours, produisirent leurs textes sur des scènes imaginaires dans un coin peu réel qui fait que leurs idées ne soient jamais embrouillées où dérangés par un vent trompeur où une pensée vagabonde non appropriée.

 

Il faut dire que le théâtre en ce pays est une éternelle tragédie du moins, si l’on puisse intervenir et changer son sort qui semble déjà défini.


La reconstruction du théâtre algérien est encore possible et se fait notamment en aidant d’abord ses comédiens, ses fondateurs pour travailler dans des circonstances adéquates  et son publique à comprendre que le théâtre, est, non seulement, un moyen de divertissement hiérarchique mais aussi la voix, le chemin de liberté du peuple et son institution du savoir.


La scène arabe est-elle sauvée ?

 

   Dans le monde arabe, nous refusons encore un théâtre qui représente la société, sa vérité et son douloureux et misérable parcours, la préoccupation politique qui va de pair avec la recherche formelle est désormais un leurre et une historiette stupide qui ne provoque ni émotion, ni réflexion alors que c’est ce qui est sensé nous exposer pendant une heure et demi de spectacle, des comédiens qui savent déjà la vérité mais qui ne peuvent pas s’exprimer librement car la politique le veut et ouvrir son gosier c’est comme une réponse a un « vouloir mourir sur scène ».

Avant de porter un texte littéraire sur scène, l’obligation du metteur en scène est de rester fidèle à sa structure sans s’éloigner du sens et du raffinement de la source, la chose est semblable à aimer quelqu’un en voulant changer quelques gestes en lui, c’est impossible, bien entendu mais faisable et expressif.


La liberté d’expression aux théâtres arabes ? Un appel au silence ?


     La liberté d’expression, la liberté tout court est un prestige que l’on doit connaitre et surtout le mériter, dans un monde arabe contraint à nier des sujets et les mettre sur une case « a ne pas traiter » jusqu'à quand alors ce double jeux médiatique politique qui fait que la vérité soit dissimulée, que la vie soit un enfer, et l’homme une pire créature égoïste et complexe ? Et  celui qui se prends pour protecteur masqué de la foi, la foi que lui n’a pas en réalité, d’où retient-t-il ce droit, un droit tiré par les cheveux d’un âne en colère ?

En monde arabe, nous avons assisté à des crises plus pires que celles de l’autodestruction qui ne connait plus de pulsion, et la censure de productions artistiques a fait son plein pendant des années et en fait cela dure toujours, on a même osé un jour de censurer une musique joué humblement en Tunisie pendant un festival et laissant pénétrer le prodigieux théâtre pour en connaitre bien des faits honteux et misérables de peur d’enflammer l’opinion publique !! Causer des troubles aux chers concitoyens qui ont marre qu’ont les prennent pour des cons, juste parce qu’ils ne savent pas exprimer leurs points de vues, leurs peurs et parfois leurs longues heures face aux vides d’un grand mur dépeuplé et rassasié.

La vérité raconte des versions, des musiques que l’on nous choisis, du théâtre loin d’être un théâtre avec un texte passé sans faute au microscope et vidé du réalisme du socialisme vécu, tout va bien quand même, le peuple sourit.

Corps otages est La pièce tunisienne qui a fait naitre un avis et un opinion, une mise en scène du grand metteur en scène et réalisateur Fadhel Jaïbi et texte de Jalila Baccar,* khamsoune*le titre arabe de la pièce qui a connu un grand conflit lors de sa sortie et faillit ne jamais voir le jour a cause de son texte considéré comme osé  de la part de la commission d'orientation théâtrale du ministère tunisien de la culture qui demanda la suppression des références historiques et des noms de certains personnages de l'histoire de la Tunisie moderne car l’histoire raconte la vie d’une jeune éducatrice, professeur de physique qui décide un jour de s’exploser au milieu de la cour de l’établissement et sous le drapeau tunisien, une image ironique d’une comédie noire qui tente de faire comprendre, une leçon sous nos yeux et pas du tout loin de nos nez qui révèle une grande et pure vérité longtemps en silence.

Il est toujours temps de dire j’existe et de réclamer la vraie culture.


Le problème linguistique au théâtre algérien : parlons tamazight, arabe où français ?


     Une problématique de langage qui s’impose depuis une belle lurette dans la présentation théâtrale dont beaucoup d’auteurs citant entre autres Bachtarzi, Alloula, Kateb, et Ksantini, ne purent ne pas s’en apercevoir du réel conflit dominant le langage théâtralisé car la langue en fin, permet selon des lettrés traditionalistes, de traduire des pensées et des destinées des grands personnages tragiques, le choix est décidément dur et que choisir entre l’arabe littéraire, l’arabe parlé, le tamazight et le français ?

Dans une Algérie polyvalente et riche en culture, en dialectes et en « gastronomie », des pièces sont montés en langue kabyle dans la région de Tizi et de Bejaia, et avec Alloula et Ksantini l’idiome opté toujours été celui du peuple, le parlé de la population, car cela est plus communicatif et le message sera sans faute remis.

Selon Patrice Pavis, la présentation théâtrale se fait normalement à travers une sémiologie d’un langage a la fois rigoureux et accessible, qui permet au publique de juger facilement et aux critiques d’étudier a leur aise le texte proposé.

explique l'auteur, il faut trouver des outils capables d'examiner le théâtre comme système artistique et non comme un substitut de la réalité». Non que Pavis élude le problème épineux de la référence: ce n'est qu'au terme de l'analyse qu'il posera l'hypothèse du rapport symbolique entre l'œuvre et le milieu.

La vérité c’est qu’une grande majorité d’écrivains algériens, leurs pièces manquent souvent de poésie et de force et nous assistons toujours a un mélange linguistique hétéroclite désarticulant le jeu théâtral, piégeant la communication et paralysant la réception d’un message noble et objectif, qui est le rôle essentiel du théâtre depuis sa première scène donnée en Grèce il-y-a des milliers d’années.


Et le théâtre européen ?


    En Europe, le théâtre est toujours la voix la plus écoutée, la musique du bonheur que l’on vénère et que l’on apprivoise selon les gouts et les besoins d’un publique qui n’a pas peur de l’authenticité, de la véracité et de dire non aux mensonges répétés.

Sartre, Hugo, Molière, Corneille, Racine et beaucoup de génies ont attribué a ce que l’art dramatique reste au sommet de sa grâce, de sa vivacité, et l’ont connait a travers leurs écrits les souffrances et les joies du peuples, leurs triomphes et leurs échecs quelquefois.

 Les dix jours qui ébranlèrent le monde est une pièce du grand socialiste et journaliste américain John Reed, joué dans les années 30, la pièce raconte la prise du pouvoir en Russie par les Bolcheviks sous la direction de Vladimir Lénine.

Les paravents de Genet est un chef d’œuvre et une révolution théâtrale connue, entre villageois, cadi, voleurs, putains, colons et colonisé, vivants, morts... Genet met en scène tout ce petit monde pour évoquer la Guerre d'Algérie. Chaque protagoniste livre son point de vue sur l'Indépendance, bien loin des mythes et autres versions officielles. Langage cru, personnages vils, sujet brûlant... l'œuvre provoque un véritable scandale.

Des exemples qui vivent toujours et qui demeurent dans la mémoire et l’inconscient de l’homme dont l’image sera impossible a effacé car c’est de ces moments de théâtre et de scène que l’homme apprendra à aimer et bien à lutter.

 

                                                                                

 

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